Quand l’automatisation devient un acte de « violence » administrative
L’histoire d’Étienne Thierry-Aymé, un habitant d’Angers, est malheureusement l’illustration parfaite des limites d’un système de contrôle des infractions de stationnement **totalement déshumanisé**. Parti à Paris pour que sa fille handicapée moteur puisse assister à une comédie musicale, il a été verbalisé à tort, puis lourdement sanctionné, malgré une conformité totale aux règles.
Alors qu’il avait stationné son véhicule, adapté au transport de sa fille, sur une place réservée (TPMR) rue de Liège dans le 9e arrondissement, sa Carte Mobilité Inclusion (CMI) était pourtant “bien en évidence sur le pare-brise”. S’ensuivit un cauchemar administratif qui, malgré des contestations répétées, lui a coûté **550 € de saisie sur compte bancaire**.
Le piège des forfaits de post-stationnement majorés
La mésaventure a commencé par la réception de deux Forfaits de Post-Stationnement (FPS) majorés de 225 € chacun. Contestés immédiatement avec envoi de la CMI recto verso, l’affaire semblait close. Ce fut sans compter la “machine” administrative, qui a non seulement ignoré les preuves mais a également majoré la somme de 50 euros supplémentaires par FPS quelques mois plus tard.
En octobre 2025, la douche froide : les 550 € sont purement et simplement ponctionnés sur son compte en banque. Le caractère particulièrement choquant de l’affaire réside dans la **violence ressentie** par la famille face à un État sourd à la preuve. Comme le précise Étienne, “Au final, que de papiers, de procédures, de temps perdu, et pour tout dire que de violence à l’égard des personnes handicapées et de leurs proches”.
La défaillance de l’humain face au robot
Ce cas met en lumière une difficulté centrale : l’automatisation du contrôle du stationnement à Paris par des véhicules flasheurs ou des ASVP sous-traités. Ces systèmes, conçus pour la performance, ne laissent aucune place à l’interprétation. Étienne Thierry-Aymé en est convaincu : “Deux ASVP auraient immédiatement vu sur place que ma voiture était en règle… et nous nous serions épargnés tout cela”.
La ville de Paris dispose pourtant d’un système de ticket gratuit (Ticket HANDI) pour les détenteurs de la CMI, mais il peut être méconnu des visiteurs et ne s’applique pas aux places TPMR où le stationnement est normalement gratuit et illimité (sous conditions, mais sans ticket de surface requis). Le problème ici n’est pas le non-paiement, mais la **verbalisation illégale** sur une place TPMR avec une CMI apposée.
Un combat qui résonne en Haute-Loire
Si la Haute-Loire n’est pas confrontée à la même automatisation que la capitale, cette histoire rappelle que toute personne munie d’une CMI, que ce soit à Yssingeaux, au Puy-en-Velay, ou lors d’un déplacement en région parisienne, est potentiellement victime d’une erreur. Ce cas est d’autant plus alarmant qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé, la presse ayant déjà relayé l’histoire d’un autre automobiliste handicapé qui a dû se battre pendant trois ans pour faire annuler un PV de 50 €.
Au-delà du remboursement réclamé, c’est le besoin d’excuses et de reconnaissance du préjudice moral qui est soulevé. Le cas est désormais entre les mains du médiateur de la Ville, mais l’urgence d’une intervention humaine pour corriger les erreurs du robot n’a jamais été aussi criante.
Le détail de cette affaire est à retrouver sur Caradisiac qui a relayé l’information.


























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