Aurec-sur-Loire a un problème d’identité — et c’est peut-être sa qualité première. Au Moyen Âge déjà, les rédacteurs des cartulaires ne savaient pas où la classer : tantôt vellave, tantôt lyonnaise, tantôt forézienne. Il a fallu une bulle du pape Clément IV en 1267 pour trancher officiellement en faveur des évêques du Puy. Mille ans plus tard, la ville joue encore sur deux tableaux : Haute-Loire dans les faits, orbite stéphanoise dans les usages.
Un château au-dessus de la Loire depuis l’an mil
Le château d’Aurec — dit du Moine-Sacristain — domine le bourg depuis le XIe siècle, avec des remaniements aux XIIIe et XVe siècles. Du XVe au XVIIIe siècle, il fut l’hôtel particulier de l’Intendant du Prieur d’Aurec. Aujourd’hui entièrement rénové, il accueille une visite numérique immersive — jeux sur tablettes, costumes d’époque, film sur la vie médiévale — ainsi que des espaces de coworking et un Fablab. Un château qui a su rester vivant.
À deux pas, l’église Saint-Pierre, classée monument historique, remonte au XIIe siècle. Son clocher roman est l’un des marqueurs les plus anciens du paysage urbain aurécois. La ville a aussi connu ses heures sombres : pendant les guerres de religion, le Baron des Adrets — l’un des chefs huguenots les plus redoutés — s’en empare après Saint-Bonnet-le-Château. Et à la Révolution, le seigneur d’Aurec, Jean Hector de Genestet, et son épouse sont arrêtés et exécutés.
Le XIXe siècle : moulinage, chemin de fer et pont suspendu
À partir de 1828, Aurec s’industrialise à grande vitesse. Moulinage, papeterie, tissage, malterie, tuilerie : plus de cinq cents personnes sont employées dans ces activités jusqu’en 1889. La Loire est alors un axe économique central.
En 1863, la gare d’Aurec est construite sur la ligne Saint-Étienne–Le Puy, achevée en 1866 grâce à 21 tunnels et plus de 10 ponts pour franchir les reliefs. La même époque voit la construction d’un pont suspendu inauguré le 8 mai 1892 pour relier les deux rives — il servira jusqu’en 1969 avant d’être démoli en 1981.
Aujourd’hui : street-art, passerelle et base de loisirs
Aurec ne vit pas que de son passé. La ville s’est réinventée autour de la culture urbaine avec le Festival de la Teinturerie, rendez-vous annuel de street-art qui attire des graffeurs de toute la France. Des fresques murales à thème médiéval jalonnent le vieil Aurec — certaines hautes de plusieurs mètres. Un parcours en 8 étapes, disponible à l’office de tourisme.
La passerelle himalayenne au-dessus de la Loire et la base de loisirs en bord de fleuve complètent l’offre. Situation encaissée à 430 mètres d’altitude, microclimat doux : Aurec bénéficie d’un cadre naturel que ses habitants ne troquent pas facilement.
© Sources : site officiel Mairie d’Aurec-sur-Loire, My Haute-Loire, Wikipedia, Loire Semène Communauté — mars 2026



























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