Pourquoi la vente de paracétamol pourrait être limitée à deux boîtes en pharmacie ?
Le paracétamol est le médicament le plus vendu en France et reste la solution de première intention pour soulager la douleur et faire baisser la fièvre. Pourtant, son accessibilité pourrait être prochainement restreinte. L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) étudie sérieusement la possibilité de limiter son achat à deux boîtes par personne en pharmacie.
Contrairement aux idées reçues, le paracétamol n’est pas anodin. Cette mesure, bien que contraignante pour les consommateurs habituels, vise à répondre à une problématique de santé publique majeure : les risques de surdosage accidentel ou volontaire et ses conséquences dramatiques.
Un risque d’hépatotoxicité fatal en cas de surdosage
Le paracétamol est efficace et bien toléré aux doses recommandées, mais il devient rapidement toxique pour le foie lorsque la dose maximale est dépassée. L’enjeu est critique :
- La dose maximale pour un adulte est de 3 grammes par jour, sans dépasser 1 gramme par prise, avec un minimum de 6 heures entre chaque prise.
- Le dépassement de cette dose, même léger ou répété, peut entraîner des lésions hépatiques graves, appelées hépatotoxicité.
- Le surdosage est la première cause de greffe hépatique d’urgence en France, souvent due à une erreur d’automédication (cumul de plusieurs médicaments en contenant).
Limiter les achats pour prévenir l’accumulation et le risque suicidaire
L’objectif de cette limitation à deux boîtes est double :
1. Réduire l’accumulation de stocks à domicile :
Limiter les boîtes disponibles dans l’armoire à pharmacie réduit le risque de confusion et d’erreurs de dosage sur une courte période. Cela contraint également le consommateur à se rendre plus fréquemment en pharmacie, permettant au pharmacien de renouveler ses conseils.
2. Prévenir le risque suicidaire :
Malheureusement, le paracétamol est souvent utilisé lors de tentatives de suicide, car il est facilement accessible. En limitant la quantité achetable en une fois, les autorités espèrent diminuer le nombre de cas de surdosage massifs qui peuvent rapidement devenir mortels.
Rappel de l’ANSM : Toujours privilégier le conseil du pharmacien
Que la limitation soit adoptée ou non, l’ANSM rappelle l’importance de la vigilance.
Le pharmacien est le meilleur allié contre les risques liés au paracétamol. Il est essentiel de :
- Lire systématiquement l’étiquette pour vérifier le dosage (500 mg ou 1000 mg) et l’espacement des prises.
- Vérifier la composition de tout autre médicament pris simultanément (traitement contre le rhume, état grippal, etc.) pour éviter les doublons qui mènent au surdosage.
- Ne jamais dépasser la dose de 3 g/jour sans avis médical, et ce, sur une durée la plus courte possible.
Cette mesure vise à protéger les consommateurs, même si elle impose une nouvelle contrainte lors de l’achat.
Origine des Sources : Basé sur les communications et les consultations de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé) concernant la surveillance du paracétamol.


























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