En pleine canicule, les routes de Haute-Loire subissent la chaleur, comme partout en France. Quand la température affiche 30 °C à l’ombre, le bitume peut atteindre 60 °C. À ces températures, le liant du revêtement remonte à la surface. C’est le ressuage : une fine couche de colle noire qui colle aux pneus, fragilise la chaussée, et accélère sa dégradation.[1]
Un geste simple, un effet immédiat
Depuis trois ans, dans le secteur de Neulise-Roanne, les équipes du conseil départemental épandent un mélange de 3 200 litres d’eau et 800 litres de chaux sur les routes les plus exposées. Le résultat ? Une baisse de 10 °C de la température de la chaussée. Le blanc du lait de chaux réfléchit le soleil, empêche le bitume de surchauffer, et limite le ressuage.[2]
L’effet dure entre une et deux semaines, selon la météo et le trafic. Et le coût ? Environ 1 300 € le mètre cube de chaux. Une somme modique face aux coûts de réfection d’une route.
Et en Haute-Loire, on fait quoi ?
En Haute-Loire, aucune information officielle ne confirme l’utilisation du lait de chaux. Pourtant, les conditions sont réunies :
- Des températures élevées depuis avril 2025.
- Des routes en montagne, soumises à des contraintes mécaniques fortes (virages, pentes).
- Un réseau routier départemental fragile, avec des budgets limités.
Sur la N88, la RD 1088, ou les routes de montagne comme celle du Mézenc, le ressuage est parfois visible. Et les réparations, elles, sont coûteuses.
Une solution à étudier ?
Le lait de chaux n’est pas un miracle. Il ne répare pas les nids-de-poule. Il ne remplace pas l’entretien lourd. Mais c’est un geste préventif, local, rapide, qui peut prolonger la durée de vie du revêtement.
Alors que la canicule s’installe, et que les épisodes de chaleur deviennent plus fréquents, la question se pose : la Haute-Loire devrait-elle tester cette méthode ?
Les services de la DDT 43 ou du Conseil départemental n’ont pas encore communiqué sur une telle initiative. Mais face à l’urgence climatique, parfois, les bonnes idées viennent d’à côté.
Parce qu’ici, on ne réinvente pas la roue. On prend ce qui marche, et on l’adapte.[3][4][5]
Sources :
[1] Le Progrès, juin 2025
[2] Département du Jura – Usage du lait de chaux, 2025
[3] Radio MODUL, Routes blanches et lait de chaux, juin 2025
[4] Département de la Loire – Expérience lait de chaux, 2022
[5] TF1 Info, mai 2025


























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