Le jour où un avion de ligne s’est brisé sur les crêtes du Pilat
Le 1er novembre 1950 reste une date funeste dans l’histoire des plateaux qui lient la Loire et la Haute-Loire. Ce jour-là, le massif du Mont Pilat est devenu le tombeau d’un appareil de la compagnie Air Maroc : un Douglas DC-3. Ce drame, survenu dans des conditions météo épouvantables, a laissé une empreinte indélébile dans la mémoire des villages voisins.
L’appareil effectuait la liaison entre Casablanca et Paris-Le Bourget. À son bord, 48 personnes — 43 passagers et 5 membres d’équipage — ont péri lorsque l’avion a percuté le relief. Ce matin-là, un brouillard givrant et des vents d’une violence inouïe balayaient les sommets, rendant la navigation extrêmement périlleuse pour les instruments de l’époque.
Un impact d’une violence inouïe au Creux de la Selle
C’est aux alentours de 10h40 que le destin bascule. L’avion, décalé de sa trajectoire, percute de plein fouet le versant nord-est du massif, au lieu-dit le Creux de la Selle, sur la commune de Saint-Julien-Molin-Molette. L’impact est d’une brutalité totale. « Le bruit a été perçu comme une explosion sourde, étouffée par la neige », rapportent les documents de l’époque citant des témoins locaux. Les secours, venus de la Loire et de Haute-Loire, ont découvert un spectacle de désolation dans la forêt de sapins, où aucun survivant n’a été retrouvé.
Des vestiges qui hantent encore la montagne
Pendant des décennies, des morceaux de carlingue et des fragments de moteurs sont restés visibles sur le site, protégés par l’isolement du relief. Les randonneurs ont longtemps croisé ces cicatrices métalliques au détour d’un sentier. « On trouvait encore des éclats de métal des années après », selon les témoignages recueillis auprès des anciens du village de Burdignes.
Ce crash est parfois confondu avec celui du “Malabar Princess” (Air India) survenu sur le Mont-Blanc quelques jours plus tard, mais pour les habitants de notre région, c’est bien la silhouette brisée du Douglas d’Air Maroc sur les crêtes du Pilat qui demeure le symbole de cette tragédie. Aujourd’hui, une stèle près du Crêt de la Perdrix rappelle la mémoire des victimes.


























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