L’illusion de la preuve numérique
Sébastien pensait avoir trouvé le témoin infaillible. Ce jour-là, sur une route étroite des hauteurs d’Yssingeaux, sa route croise celle d’une Citroën Saxo qui refuse de serrer sa droite. Le choc est inévitable : le rétroviseur de Sébastien vole en éclats. Malgré un demi-tour rapide, le conducteur adverse s’est déjà volatilisé dans la nature. Seule consolation pour la victime : sa dashcam, installée à Noël, a tout filmé.
Le parcours du combattant en gendarmerie
La désillusion commence à la gendarmerie. Armé de sa carte SD, Sébastien se heurte d’abord à des protocoles de sécurité informatique stricts : les militaires ne peuvent pas insérer de périphérique externe sur leurs ordinateurs professionnels. Après un aller-retour pour imprimer les captures d’écran, le couperet tombe : la preuve est jugée irrecevable. « On m’a expliqué que le visage de la personne et bien sûr la plaque étaient visibles, ce qui posait un problème de RGPD et de respect de la vie privée », confie Sébastien (témoignage recueilli pour yssi, janvier 2026).
L’assurance et le verdict du 50/50
Côté assurance, le constat n’est pas plus reluisant. Malgré la vidéo montrant l’absence de réaction de l’autre véhicule, la règle est implacable sur les voies sans marquage au sol : torts partagés. Faute de pouvoir identifier formellement le tiers par une procédure judiciaire, l’assureur applique le barème classique du 50/50. Résultat pour cet Yssingelais : une réparation à ses frais et un sentiment d’injustice totale.
Cet exemple local rappelle que si les caméras embarquées se multiplient, leur usage devant les tribunaux ou les assureurs français reste soumis à une interprétation très stricte de la loi Informatique et Libertés.


























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