EXCLUSIF | Le double combat de Nicolas Domergue : quand l’élu national du syndicat Collectif 384 devient le citoyen « plumé »
L’actualité montre souvent que les grandes décisions administratives ont des répercussions très concrètes. Mais rarement le contraste est aussi frappant qu’avec l’histoire de Nicolas Domergue. Enseignant à l’IUT du Puy-en-Velay et Président du syndicat Collectif 384, il lutte sans relâche à Paris pour l’équité de milliers d’enseignants. Pourtant, une fois rentré dans la région, il se retrouve lui-même en plein combat contre une décision d’urbanisme locale.
Un combat national pour l’équité de 13 000 enseignants

Pour le grand public, l’acronyme CNESER (Commission nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche) est peu connu, mais c’est là que se jouent des décisions cruciales. M. Domergue y siège chaque mois en tant que seul élu de sa catégorie, représentant le Collectif 384. Ce syndicat porte la voix de près de 13 000 enseignants du supérieur sur toute la France, invisibilisés car issus de l’Éducation Nationale et peu présents dans les instances. Son objectif est de faire rétablir l’équité pour ces personnels qui font face à des injustices statutaires ou salariales. Un engagement bénévole et chronophage, mais essentiel pour la justice sociale dans l’Enseignement supérieur.
La reclassification du terrain : une perte de valeur très lourde
Alors qu’il se bat à l’échelle nationale, Nicolas Domergue se retrouve pris, à titre personnel, dans une bataille administrative locale. L’enjeu est de taille : le classement de sa propriété. Suite à une modification du Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (PLUI) dans sa commune (proche du Puy-en-Velay en Haute-Loire), une partie de son terrain sur lequel est construite sa maison, auparavant classée en Zone U (constructible), a été reclassée en zone agricole.
Comme il nous l’a confié, cette décision entraîne une perte de valeur « très lourde » de sa propriété et une impossibilité de construire pour lui et ses enfants, mettant un coup d’arrêt à leurs projets. Ce déclassement, souvent un effet collatéral des politiques visant à atteindre le Zéro Artificialisation Nette (ZAN), prive de nombreux citoyens de leurs droits à construire ou de la valeur de leur bien.
M. Domergue, désormais membre du Collectif des plumés, conteste cette décision devant le Tribunal Administratif (TA). Il est dans l’attente d’un jugement qui pourrait créer un précédent pour de nombreux propriétaires confrontés à des changements drastiques de zonage.

Le paradoxe du militant
L’histoire de Nicolas Domergue est le paradoxe du militant : il tente de rétablir l’équité pour 13 000 personnes en France, mais doit simultanément se défendre contre une décision administrative contestée qui impacte directement sa famille et son patrimoine. Son combat personnel, de la Zone U à la zone agricole, est devenu un symbole des tensions qu’engendrent les politiques d’urbanisme radicales. Nous reviendrons sur cette affaire pour suivre la décision du Tribunal Administratif.


























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