Hôpital Émile-Roux : « On voit notre hôpital se vider petit à petit »
Le préavis de grève “historique” déposé par la fédération Force Ouvrière pour une durée de six mois trouve un écho particulier en Haute-Loire. Au centre hospitalier Émile-Roux comme dans les structures de proximité, la tension est à son comble. Entre coupes budgétaires et effectifs réduits, les personnels soignants alertent sur un point de rupture imminent pour la sécurité des patients.
Le malaise ne date pas d’hier, mais le budget 2026 semble être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Les agents dénoncent une gestion purement comptable de la santé publique, au détriment de l’humain et de l’accès aux soins dans nos territoires ruraux.
Le témoignage poignant de Cécile M., infirmière au Puy
Pour comprendre la réalité du terrain, nous avons recueilli le témoignage de Cécile M., soignante au sein du CHU du Puy-en-Velay. Son constat est sans appel :
- « On en peut plus. Depuis des mois, on nous serre la vis : fermeture de lits, effectifs réduits, et des salaires gelés alors que l’inflation explose. Hier encore, on a dû gérer 12 patients par infirmière dans mon service, alors que la norme, c’est 6 max. »
- « Quand tu vois des collègues en larmes parce qu’elles n’ont pas le temps de donner un verre d’eau à un malade, ça te retourne l’estomac. La grève, c’est un dernier recours. On n’est pas des égoïstes : on assure le service minimum, mais on ne peut plus cautionner ce mépris. »
- « Ce qui me tue, c’est de voir des lits fermés alors qu’il y a des malades dans les couloirs. À l’hôpital Émile-Roux, on a encore perdu des lits en réa depuis Noël. Dans un département où les déserts médicaux grandissent, c’est une condamnation à mort pour certains patients. »
- « On nous dit qu’on est ‘corporatistes’. Non, on est en colère. Parce qu’on aime notre métier, et qu’on voit notre hôpital se vider, petit à petit. Si rien ne change, dans 5 ans, il ne restera plus que les urgences… et encore, en sous-effectif. »
Une mobilisation de six mois en Haute-Loire
Cette colère, partagée par de nombreux collègues à Yssingeaux et Brioude, porte sur des points précis : la stagnation des revenus malgré l’ancienneté et des rythmes de travail épuisants. La direction de l’établissement invoque des contraintes budgétaires nationales, mais pour les syndicats, l’argument ne passe plus face à l’urgence sanitaire locale.
Le mouvement de grève, qui doit durer jusqu’en juillet 2026, promet d’être jalonné de rassemblements devant la Préfecture et au sein des établissements du département pour exiger un plan de sauvetage de l’hôpital public.
Source : Fédération Force Ouvrière / Témoignage direct (29/01/2026)


























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