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La fileuse en Haute-Loire : les femmes du Velay qui filaient jusqu’à minuit

La fileuse en Haute-Loire : les femmes du Velay qui filaient jusqu'à minuit
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Un travail de femmes, invisible dans les livres

La fileuse n’avait pas de boutique, pas d’enseigne, pas de place dans les registres de commerce. Elle n’était pas recensée comme artisane parce que son travail n’était pas rémunéré de façon autonome : il faisait partie de l’économie domestique de la ferme, de ces tâches féminines considérées comme allant de soi et qui n’avaient pas de prix parce qu’elles n’avaient pas de marché.

Pourtant, dans les fermes du Velay du XIXe siècle et du début du XXe, le filage de la laine et du chanvre représentait des centaines d’heures de travail annuel. C’était la condition sine qua non de la production textile domestique : sans fil, pas de tissu ; sans tissu, pas de vêtements, pas de linge de maison, pas de sacs. La fileuse était le premier maillon d’une chaîne de production qui allait du mouton ou du champ de chanvre jusqu’au vêtement porté.

La quenouille et le fuseau : les outils de la veillée

Le filage se faisait à la quenouille et au fuseau, ou plus tard au rouet à pédales. La quenouille — un bâton autour duquel on enroulait la fibre brute — était tenue sous le bras ou attachée à la ceinture. La fileuse tirait les fibres, les tordait entre ses doigts avec un geste précis et les enroulait autour du fuseau qui tournait suspendu dans le vide. Ce geste, répété des milliers de fois, demandait une dextérité acquise dès l’enfance : les petites filles du Velay apprenaient à filer dès huit ou dix ans.

La veillée d’hiver était le temps par excellence du filage. Rassemblées autour du feu — souvent plusieurs femmes d’un même hameau qui se retrouvaient dans une ferme à tour de rôle pour partager la chaleur — les fileuses travaillaient pendant des heures, souvent jusqu’à minuit, parlant, chantant, racontant des histoires. La veillée était simultanément un espace de production économique et le principal espace de sociabilité féminine des campagnes vellavonnes.

La laine du Velay et le chanvre des jardins

Dans les fermes du plateau vellave, la laine des brebis était la fibre principale. Tondue au printemps, lavée, cardée pour démêler les fibres, elle était ensuite filée en un fil plus ou moins fin selon l’usage prévu — grossier pour les couvertures et les tapis, plus fin pour les vêtements. Le chanvre, cultivé dans les jardins et les fonds de vallée, était filé de la même façon après rouissage et teillage, pour produire un fil plus rêche destiné aux toiles de travail.

La qualité du fil produit — son régularité, sa résistance, sa finesse — dépendait entièrement du savoir-faire de la fileuse. Un fil irrégulier donnait un tissu bosselé et fragile. Les meilleures fileuses étaient reconnues dans leurs villages et leurs fils se vendaient parfois à des tisserands ou à des manufactures.

La fileuse en Haute-Loire représentait le travail textile féminin non rémunéré qui constituait la base de l’économie textile domestique du Velay, effacé des mémoires officielles mais central dans la vie quotidienne des fermes jusqu’au début du XXe siècle

© Source : Archives départementales de la Haute-Loire, fonds ruraux XIXe siècle ; Wikipedia, Filage, Quenouille, Veillée paysanne — avril 2026

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Je suis Stéphane, fondateur d'Yssi, média local altiligérien lancé en 2025. Passionné par la Haute-Loire, son histoire et ses habitants, je couvre l'actualité locale avec un regard direct et sans filtre. À la tête de l'agence web Oneshot Créations à Yssingeaux, je conjugue au quotidien création numérique et ancrage territorial. Yssi, c'est mon média, ma région, ma façon de parler aux gens d'ici.

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