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La Grenette d’Yssingeaux (Épisode 4) : Le règne des impôts (1947-1992)

La Grenette d'Yssingeaux (Épisode 4) : Le règne des impôts (1947-1992)
© Mairie Yssingeaux
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1946 : LE RENDEZ-VOUS MANQUÉ AVEC LA POSTE

Après la tourmente de la Seconde Guerre mondiale, où la Grenette avait servi d’internat, la municipalité d’Henri Chassagnon a cherché à donner une nouvelle destination pérenne au bâtiment. En 1946, un projet ambitieux est mis sur la table : l’installation des services de La Poste (PTT) au cœur de l’édifice. L’idée était de centraliser le courrier et les télécommunications sur la place de la Victoire.

Cependant, après étude des lieux, l’administration des Postes oppose une fin de non recevoir. Les rapports techniques de l’époque sont formels : le bâtiment est jugé inadapté aux exigences postales modernes. Les arguments avancés concernent principalement le manque de volume pour le tri des colis, mais aussi des questions de sécurité structurelle liées aux voûtes en pierre. Ce refus catégorique de 1946 va radicalement changer le destin de la Grenette, ouvrant la porte à une tout autre administration.

LE RÈGNE DE L’ADMINISTRATION FISCALE (1947-1992)

Faute de devenir un bureau de poste, la Grenette devient, dès 1947, le siège de l’administration des impôts. Ce qui ne devait être qu’une occupation transitoire va finalement durer quarante-cinq ans. Le bâtiment se transforme alors en une ruche bureaucratique : le rez-de-chaussée accueille les guichets pour les contribuables yssingelais, tandis que le premier étage est cloisonné pour abriter les bureaux des agents et des inspecteurs.

Cette période marque durablement l’identité du bâtiment. Pour plusieurs générations d’habitants, la Grenette perd sa vocation de halle ou de théâtre pour devenir « l’Hôtel des Impôts ». L’entretien lourd est cependant négligé durant ces décennies : les locaux deviennent vétustes, les archives s’entassent dans des conditions précaires sous les combles et dans les sous-sols, et l’édifice subit les outrages du temps (fissures, problèmes d’isolation thermique).

1992 : LA FIN D’UNE ÉRE ADMINISTRATIVE

Le clap de fin de cette ère fiscale retentit en 1992. Les services de la perception quittent définitivement la place de la Victoire pour rejoindre des locaux modernes en périphérie, mieux adaptés aux outils informatiques naissants. La Grenette se retrouve alors vide, pour la première fois depuis des décennies.

Ce départ laisse un bâtiment meurtri par une utilisation intensive et peu respectueuse de son architecture originelle. Mais ce vide est aussi une opportunité : il va permettre aux municipalités suivantes d’engager une réflexion de fond sur la réhabilitation totale de l’édifice. C’est ce projet de sauvetage, qui mettra plus de dix ans à mûrir, qui aboutira à la renaissance culturelle que nous connaissons aujourd’hui.

Source : Recherches et archives exclusives d’Hervé Guillaumont

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