Monter à l’estive : le grand départ de l’été
Chaque année, dès que les dernières gelées du plateau s’effaçaient, le berger du Velay préparait son départ. Les moutons avaient passé l’hiver dans les fermes et les prés de fond de vallée. L’herbe des hauteurs était prête. Il fallait monter.
Sur les estives du Mézenc et de la Margeride, les troupeaux arrivaient en juin pour repartir en septembre. Le chemin qui montait vers les pâturages d’altitude portait un nom local : la Draï. Ce mot, issu de l’occitan, désignait le sentier battu par des générations de sabots. Il est encore visible aujourd’hui sur certains versants du Mézenc.
Trois mois seul avec les bêtes
Une fois en altitude, le berger ne redescendait pas avant la fin de l’été. Il vivait dans une cabane pastorale ou dans son lit de berger — un lit en bois monté sur roues ou sur patins, que l’on déplaçait au fil des parcelles pour rester au plus près du troupeau la nuit. Ces lits de bergers étaient caractéristiques des estives du Mézenc.
Sa journée commençait avant le soleil. Soigner les bêtes malades, réparer une clôture, conduire le troupeau vers la meilleure herbe du jour, surveiller les chiens. Le soir, compter les bêtes une par une avant la nuit. Le berger dormait peu. Un animal blessé, un prédateur, un orage : tout pouvait réveiller le troupeau et obliger à partir dans le noir.
La Noire du Velay : la brebis du plateau
Les troupeaux conduits sur ces estives étaient composés en partie de Noires du Velay, race ovine endémique du Massif central, adaptée aux hivers rigoureux et aux pâturages maigres du plateau. Rustique, bonne marcheuse, elle était la brebis de la transhumance vellaves par excellence. Certains éleveurs de la région du Puy-en-Velay conduisaient leurs moutons jusqu’en Provence pour l’hivernage, faisant l’aller-retour entre le Velay et le bas pays plusieurs mois d’affilée.
Sur la Margeride, à l’apogée de la transhumance au XIXe siècle, ce sont jusqu’à 300 000 moutons qui estivaient chaque été sur ces hautes terres. Une économie pastorale entière reposait sur ces déplacements saisonniers.
La fin d’un monde pastoral
Le déclin est venu lentement. La chute du prix de la laine après 1860, le reboisement des estives en épicéas au XXe siècle dans le cadre de la Restauration des terrains en montagne, et le dépeuplement rural ont progressivement mis fin à la grande transhumance vellaves. Les Draïs se sont fermées sous la végétation. Les cabanes pastorales sont tombées.
Le berger transhumant en Haute-Loire était celui qui conduisait les troupeaux ovins du Velay vers les estives du Mézenc et de la Margeride chaque été, vivant seul en altitude de juin à septembre sur des chemins appelés Draïs, avant que le reboisement et la chute des prix de la laine ne mettent fin à cette économie pastorale au cours du XXe siècle.
© Source : Wikipedia, Margeride, Transhumance ; Mézenc Loire Meygal, Les lits de berger ; aouste-a-coeur.fr, La transhumance — mai 2026

























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