...
Accueil » Le bourrelier en Haute-Loire : l’artisan qui habillait les bêtes de trait du Velay
Portraits & Témoignages

Le bourrelier en Haute-Loire : l’artisan qui habillait les bêtes de trait du Velay

Le bourrelier en Haute-Loire : l'artisan qui habillait les bêtes de trait du Velay
Vous aimeriez vous aussi avoir votre article local ? Contactez-nous !

Quand les bêtes tiraient tout

Dans les fermes du Velay avant la mécanisation, les bêtes de trait — chevaux, mulets, boeufs — faisaient le travail que les tracteurs font aujourd’hui. Labourer, herser, transporter le foin, tirer les charrettes au marché : tout reposait sur ces animaux. Et pour les faire travailler, il fallait les équiper : colliers, harnais, brides, licols, selles de bât, courroies de toutes sortes. Cet équipement, indispensable et soumis à une usure constante, était fabriqué et entretenu par le bourrelier.

Contrairement au rémouleur ou au vannier, le bourrelier était généralement sédentaire. Il tenait boutique dans les bourgs — Yssingeaux, Brioude, Le Puy-en-Velay, Langeac — et les paysans des communes environnantes venaient le trouver, portant leurs harnais usés à réparer ou commandant de nouveaux équipements pour une bête nouvellement acquise.

Le cuir, le chanvre, le lin : les matériaux du bourrelier

Le bourrelier travaillait essentiellement le cuir — épais pour les colliers et les traits qui supportaient les efforts de traction, plus souple pour les brides et les rênes. Le cuir provenait des tanneries locales, nombreuses dans les vallées de Haute-Loire qui utilisaient l’eau des rivières pour les procédés de tannage. À côté du cuir, le bourrelier utilisait du chanvre et du lin tressé pour les parties non soumises à friction, de la bourre et de la paille pour le rembourrage des colliers.

Le collier de cheval ou de mulet était la pièce maîtresse de son art. Un collier mal ajusté blessait l’animal à l’épaule, réduisait sa puissance de traction et pouvait le rendre inutilisable pendant des semaines. La qualité du travail du bourrelier avait donc un impact direct sur la capacité de travail de la ferme.

Un artisan au coeur de la vie économique du bourg

La boutique du bourrelier était un lieu de passage et d’échanges dans les bourgs vellavons. Les paysans qui y venaient faire réparer un harnais s’y attardaient, discutaient des prix des foires, des nouvelles du canton. Le bourrelier, homme sédentaire et commerçant, était souvent mieux informé des affaires locales que bien des notables.

Les archives commerciales de Haute-Loire au XIXe siècle recensent des bourreliers dans tous les chefs-lieux de canton et dans beaucoup de communes importantes du département. Leur disparition dans les années 1950-1970 a suivi exactement celle des bêtes de trait des fermes — remplacées par le tracteur, qui n’a besoin ni de collier ni de harnais.

© Source : Archives départementales de la Haute-Loire, fonds commerciaux XIXe-XXe siècles ; Bourrelier, Harnachement — avril 2026

bannière rb

A propos de l'auteur

Avatar photo

Yssi_Media

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire

Agence Web SEO & IA Haute Loire

Image Generation simple compose kmcp be fevanh bft bws g

Mettez votre activité en lumière

reprotage video yssi