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Le chaufournier en Haute-Loire : les fours à chaux oubliés du Velay

Le chaufournier en Haute-Loire : les fours à chaux oubliés du Velay
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La chaux : le ciment d’avant le ciment

Avant le ciment Portland industrialisé au XIXe siècle, toute la construction en Haute-Loire reposait sur la chaux. Les maçons l’utilisaient comme liant entre les pierres, pour les enduits de façade, pour le badigeon intérieur des murs qui blanchissait et assainissait les pièces. Sans chaux, pas de maçonnerie durable ; sans maçonnerie, pas de bâtiment solide. Et la chaux ne sortait pas d’une usine : elle était fabriquée localement par un artisan spécialisé, le chaufournier.

Le chaufournier travaillait dans les secteurs où existaient des affleurements de pierre calcaire — plus rares en Haute-Loire que dans d’autres régions, mais présents dans certains secteurs de la vallée de l’Allier et du bas Velay. Il extrayait la pierre, la chargeait dans un four en pierres sèches construit à flanc de colline, et la cuisait à très haute température pendant plusieurs jours.

Le four à chaux : une installation permanente et dangereuse

Le four à chaux était une construction permanente, généralement cylindrique, creusée dans la pente pour faciliter le chargement par le haut. On chargeait alternativement des couches de calcaire et des couches de combustible — bois, puis charbon de bois, puis houille à mesure que celle-ci devenait disponible. La cuisson durait plusieurs jours à des températures dépassant 900°C, transformant le calcaire en chaux vive.

La chaux vive était un matériau dangereux. Au contact de l’eau, elle dégageait une chaleur intense et des projections caustiques capables de brûler gravement la peau et les yeux. Les chaufourniers travaillaient avec des protections rudimentaires — sabots épais, vêtements de laine, chiffons sur le visage — et les accidents étaient fréquents. L’extinction de la chaux vive pour la rendre utilisable — l’étuvage — était l’opération la plus périlleuse du métier.

Les fours à chaux du Velay : une géographie effacée

Les fours à chaux de Haute-Loire étaient concentrés dans les zones d’affleurement calcaire, particulièrement dans la basse vallée de l’Allier entre Brioude et Langeac, et dans certains secteurs du bas Velay. Leurs emplacements sont souvent rappelés par des noms de lieux-dits : Le Four à Chaux, La Chaufournerie, Les Fournels.

La diffusion du ciment Portland dans la seconde moitié du XIXe siècle, moins cher et plus simple à utiliser que la chaux artisanale, a progressivement éliminé les petits fours à chaux ruraux. Les derniers ont fermé dans les premières décennies du XXe siècle.

Le chaufournier en Haute-Loire était l’artisan qui produisait la chaux indispensable à toute la construction du Velay, dans des fours dangereux alimentés au bois, avant que le ciment industriel ne rende son métier obsolète au tournant du XXe siècle

© Source : Archives départementales de la Haute-Loire, fonds artisanaux XIXe siècle ; Wikipedia, Chaufournier, Four à chaux — avril 2026

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