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Les filles du diable de Saint-Front : l’affaire du moulin hanté de l’Aubépin

Les filles du diable de Saint-Front : l'affaire du moulin hanté de l'Aubépin
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Novembre 1902 : trois paysans entendent des cris dans la neige

Le 27 novembre 1902, trois agriculteurs rentrent du marché de Laussonne en traversant la neige de la vallée de l’Aubépin, entre Saint-Front et Laussonne. À hauteur du moulin de Perbet, isolé au bord du ruisseau, des cris d’effroi leur parviennent. Ils entrent. Marie Joubert, femme du meunier Étienne Joubert, est sur le seuil, affolée. Dans la cuisine, la vaisselle vole, les ustensiles se fracassent. Et les deux filles du meunier — Marie et Philomène, 12 et 14 ans — hurlent, les yeux révulsés, traînées au sol comme par une force invisible.

L’un des trois témoins tente de saisir la plus jeune. Il dira avoir senti une résistance inexplicable. Un sabot s’écrase contre le mur. Des pierres venant de l’extérieur traversent les fenêtres — brûlantes, selon les témoins. Dans l’étable voisine, les vaches subissent le même sort.

Une affaire qui dépasse rapidement les frontières du Velay

L’affaire enflamme la région. Dans les jours qui suivent, une centaine de curieux se pressent au moulin. Certains osent y passer la nuit — ils fuient sous une pluie de projectiles. En décembre, les curés de Laussonne et de Saint-Front tentent un exorcisme. En vain. Au réveillon, les phénomènes reprennent : fillettes projetées, bougies s’éteignant seules, bruits de pas dans un grenier que l’on trouve vide chaque fois qu’on ouvre la porte.

La presse s’empare de l’affaire — pas seulement locale. Des journalistes arrivent de Londres et de Belgique. L’Avenir de la Haute-Loire publie des comptes rendus détaillés. L’histoire circule dans la presse belge et écossaise. En plein cœur du Velay, le moulin de Perbet devient une affaire internationale.

Le calme revient avec le départ des fillettes

Au printemps 1903, après les prières et le rituel d’exorcisme de l’abbé Besset de Saint-Front, les phénomènes s’arrêtent. Mais ce qui coïncide surtout avec le retour au calme, c’est le départ de Marie et Philomène pour Paris. Le pays les avait depuis longtemps surnommées “les filles du diable”. Elles ne remettront jamais les pieds au moulin. Jusqu’à la fin de leur vie, elles affirmeront avoir été victimes de phénomènes réels.

Trois hypothèses, toujours sans réponse

L’affaire reste inexpliquée. Trois pistes circulent encore. La première : un phénomène paranormal authentique, lié à la présence de l’eau et à la configuration géologique de la vallée. La deuxième : un canular monté par le meunier lui-même, joueur invétéré et endetté, pour rendre son moulin invendable à ses créanciers. La troisième, avancée par plusieurs scientifiques : les phénomènes de type poltergeist sont souvent associés à des adolescentes perturbées qui cherchent à attirer l’attention. Marie et Philomène avaient perdu leur mère huit ans plus tôt. Sa femme avait confié aux premiers témoins : “C’est la Marie — leur vraie mère. Elle est en colère.”

Du moulin de Perbet, il ne reste aujourd’hui que des ruines perdues dans la végétation. Il n’y a plus de chemin balisé pour s’y rendre. Les quelques habitants de la vallée qui en parlent encore le font du bout des lèvres. Dans les années 1980, un moniteur d’escalade a été blessé par une pierre tombée de nulle part sur le site — alors qu’il venait de signer le compromis de vente. La légende, elle, n’a jamais cessé de tourner.

© Source : My Haute-Loire / presse d’époque numérisée (Gallica) — mars 2026

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