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Naussac : le village englouti sous le lac que l’on voit depuis Pradelles

Naussac : le village englouti sous le lac que l'on voit depuis Pradelles
© Baptiste ROUSSEL
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Une frontière, un lac, une histoire engloutie

Depuis les hauteurs de Pradelles, en Haute-Loire, on aperçoit au loin l’étendue bleue du lac de Naussac. Ce lac de retenue, le plus grand de Lozère, s’étire sur environ 1 050 hectares à 945 mètres d’altitude, à deux pas de Langogne. Ce que ses eaux dissimulent, c’est un village entier — démoli, noyé, effacé — et la résistance de 66 familles qui n’ont pas pu l’empêcher.

Un projet né pour refroidir des centrales nucléaires

L’idée d’un barrage dans la vallée de Naussac remonte aux années 1950, portée par EDF. Elle est reprise dans les années 1970 par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne dans un objectif précis : garantir un débit minimum à l’Allier et à la Loire en période d’étiage pour assurer le refroidissement des centrales nucléaires de Belleville et de Dampierre, situées en aval. L’agriculture de la plaine de Limagne entre aussi dans l’équation.

La déclaration d’utilité publique est signée le 6 février 1976. La cuvette visée est alors une vallée vivante : 50 exploitations agricoles, 800 bovins, 1 000 moutons, 1 276 hectares de terres expropriées. Les travaux commencent le 1er octobre 1976.

La résistance : tracteurs, trains stoppés, plasticage

Dès 1975, un comité de défense de la vallée s’organise. Les maires de Langogne, Marvejols et Florac se mobilisent. Le 19 juin 1977, un millier de manifestants envahissent le chantier. Des drapeaux du Larzac sont présents — le slogan “Volem viure al pais” résonne. Le train Paris-Nîmes est stoppé à deux reprises. Une pelleteuse brûle. Le siège de l’entreprise de travaux est plastiqué. Le conseil municipal de Langogne démissionne.

Rien n’y fait. Le barrage est construit. La mise en eau commence en septembre 1980 et s’achève progressivement. La première tranche est déclarée opérationnelle en 1983.

Les maisons démolies avant d’être noyées

Avant que les eaux ne montent, les bulldozers sont passés. L’église, les écoles, les maisons : tout est rasé. La décision, expliquée par l’historien Michel Assenat, visait à “amoindrir le choc psychologique” que les habitants auraient ressenti en voyant leurs habitations intactes disparaître sous l’eau — et à éviter que les vestiges réapparaissent à chaque baisse de niveau.

Les 66 familles — soit environ 150 personnes — sont relogées pour la plupart dans un nouveau village de Naussac reconstruit entre 1978 et 1980, sur une enclave cédée par la commune de Langogne. D’autres partent en Ardèche, dans l’Allier ou en Saône-et-Loire. Certains agriculteurs s’installent à plusieurs centaines de kilomètres de leur terroir d’origine.

Ce qui reste aujourd’hui

Lors des sécheresses exceptionnelles, comme en 2005-2006 où le lac a été entièrement vidé pour travaux, les vestiges réapparaissent : fondations, routes, contours des anciens hameaux. Un spectacle rare, que les pêcheurs du lac évoquent encore quand ils lancent leur ligne au-dessus de l’emplacement de l’ancien village.

Le nouveau village de Naussac propose aujourd’hui un parcours historique en accès libre, avec une table d’orientation qui positionne l’ancien bourg et les hameaux engloutis. Le lac lui-même est devenu un site touristique actif : voile, kayak, randonnée sur les 24 km de tour de lac, baignade surveillée en été. Ce que l’eau a pris, le temps en a fait autre chose — sans que l’histoire soit effacée.

© Source : Commune de Naussac-Fontanes / Wikipedia Barrage de Naussac — mars 2026

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