Une jeunesse marquée par l’instabilité et l’opportunisme
Oskar Schindler naît en 1908 à Zwittau, en Autriche-Hongrie (aujourd’hui République tchèque). Issu d’une famille d’origine allemande, il grandit dans l’instabilité politique de l’entre-deux-guerres. Homme d’affaires ambitieux mais à la gestion financière souvent chaotique, Schindler s’engage relativement jeune dans le Parti nazi et travaille comme espion au service du renseignement allemand, participant à des opérations secrètes. Plus intéressé par le profit et les plaisirs de la vie que par une cause morale, il collectionne aventures extraconjugales tout en cherchant à s’enrichir.
Arrivée à Cracovie et le tournant moral
Avec l’invasion de la Pologne en 1939, Schindler prend le contrôle d’une usine d’émail, Emalia, auparavant juive, qu’il rebaptise Deutsche Emailwarenfabrik (DEF). Initialement exploitant la situation pour faire fortune, il embauche progressivement des travailleurs forcés juifs du ghetto de Cracovie. Il profite des faiblesses du système nazi, sa relation avec Amon Göth, commandant du camp de Plaszow voisine, facilitant la protection relative des ouvriers. Cette période marque le début d’une lente transformation personnelle où ses choix économiques s’allient peu à peu à des décisions humanitaires.
La liste de Schindler, symbole d’espoir et d’organisation
Contrairement à la légende, Schindler ne rédige pas lui-même la liste des Juifs à sauver. Cette tâche revient à Marcel Goldberg, un prisonnier juif fonctionnaire du camp de Plaszow, aidé par Itzhak Stern et Mietek Pemper. Plusieurs listes furent élaborées, avec des noms déplacés ou changés, permettant le transfert massif vers un sous-camp plus sûr à Brünnlitz. Schindler, aidé par la corruption et par l’habileté à falsifier ses rapports de production, parvient à convaincre les Nazis de garder ses ouvriers, sauvant ainsi la majeure partie d’entre eux.
Une amitié ambivalente avec Amon Göth
La relation entre Schindler et le sadique Amon Göth est marquée par une étrange proximité. Connue pour ses actes de cruauté, Göth entretient malgré tout des relations personnelles avec Schindler, qui utilise cette connivence pour négocier la vie de ses ouvriers. Cette complexité ajoute une dimension humaine aux calculs nécessaires à la survie dans le contexte atroce du camp. Pour découvrir une autre figure historique, lisez notre article sur Saint-Nicolas, ancêtre du Père Noël.
Les efforts au camp de Brünnlitz
À Brünnlitz, Schindler et son épouse Émilie se consacrent entièrement à la protection des prisonniers, vivant sur place et investissant leur fortune personnelle dans l’achat de nourriture et de médicaments. Ils veillent au bon fonctionnement du camp-usine, falsifiant la production pour éviter sa fermeture. Ces actions risquées témoignent de leur engagement total pour ces vies précieuses.
Après-guerre : des épreuves et une reconnaissance tardive
Ruiné, banni d’un pays devenu hostile, Schindler tente plusieurs projets d’affaires en Argentine avant de retourner en Allemagne. Il est soutenu financièrement par les survivants qu’il a sauvés. Sa nomination comme « Juste parmi les Nations » par Yad Vashem au début des années 1960 est controversée, face à des accusations d’abus, mais elle est finalement confirmée en 1993. Il choisit d’être enterré à Jérusalem, près de ceux qu’il a protégés, où sa tombe, symbolisée par des pierres juives, demeure un lieu de mémoire puissant.
Sources : United States Holocaust Memorial Museum, Wikipédia, Contrepoint-LaCatholille



























Ajouter un commentaire