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Patois vellave : ces mots du quotidien venus de l’occitan

Patois vellave : ces mots du quotidien venus de l'occitan
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Une langue née entre occitan et francoprovençal

Le Velay n’a jamais eu un seul patois. Il en a eu plusieurs, superposés, mélangés, selon qu’on habitait au nord ou au sud du Puy-en-Velay, en plaine ou sur les hauteurs du Mézenc. Ce que les linguistes appellent le “vellavien” est en réalité une famille de parlers occitans, relevée et classifiée dès 1891 par le baron de Vinols, membre de la Société d’Agriculture du Puy, dans un dictionnaire de référence qui reste aujourd’hui une source académique incontournable. Plus tard, les linguistes Claudine Fréchet et Jean-Baptiste Martin ont prolongé ce travail en identifiant les termes qui ont survécu dans le parler courant des Altiligériens.

Autour d’Yssingeaux, la zone de transition avec le francoprovençal apporte une coloration supplémentaire au parler local, plus proche de l’accent stéphanois. Plus au sud, vers le Monastier-sur-Gazeille, Costaros ou Pradelles, c’est l’auvergnat méridional qui domine. Le Velay, carrefour géographique, l’est aussi linguistiquement.

Des mots que vous utilisez encore sans le savoir

Certains mots du patois vellave ont glissé dans le français régional sans qu’on y prête attention. Qui n’a jamais dit qu’il allait “débarouler” dans les escaliers, qu’il avait mis quelque chose “de bisangouin”, qu’un enfant était “à cacasson” par terre ? Ces mots ne viennent pas du français. Ils viennent du patois.

La nature et le quotidien rural ont particulièrement bien résisté. Le baraban, c’est le pissenlit. Le fayard, c’est le hêtre. La coquelle, c’est la marmite en fonte qui trônait sur le feu. La rapée, c’est la galette de pommes de terre que les anciens préparaient le soir. Le pillot, c’est le poussin, mais aussi par affection un jeune enfant. Les catons, ce sont les grumeaux dans la sauce. La radée, c’est l’averse qui arrive sans prévenir. Et quand le ciel sibère, c’est qu’une tourmente de neige se lève sur les hauteurs.

Les pias, morceaux de tissu, ont habillé des générations de Vellavs. La vogue, fête du village, résonne encore dans toutes les communes du département à la belle saison.

Des expressions qui disent tout en un mot

Au-delà du vocabulaire, le patois vellave a aussi laissé des expressions entières dans la mémoire locale. “Avoir le babau“, c’est broyer du noir, ruminer. “Faire abo“, c’est venir dans les bras de quelque chose ou quelqu’un. “Faire flic“, c’est agacer, importuner. Et “faire de l’abonde“, c’est durer longtemps, comme ces fruits trop mûrs qui fondent dans la bouche avant qu’on ait eu le temps de les ramasser.

Un enfant retrouvé abouchou sur le sol, c’est un enfant face contre terre. Quelqu’un d’acatougni, c’est quelqu’un de mal lavé, de crasseux. Un affortant, c’est un entêté qui n’en démord pas. Et accourser quelqu’un, c’est le poursuivre, comme le chat qui accourse la souris sous la table.

Ces mots ne sont pas des curiosités de musée. Ils vivent encore dans les conversations, les repas de famille, les blagues des anciens. Ils portent une façon d’être au monde, une précision dans l’image, que le français standard n’a jamais tout à fait su remplacer.

Le patois vellave, parlé entre occitan et francoprovençal, a laissé des dizaines de mots vivants dans le parler altiligérien d’aujourd’hui.

Des travaux de référence, du baron de Vinols au XIXe siècle jusqu’aux linguistes contemporains Claudine Fréchet et Jean-Baptiste Martin, documentent cette richesse. Une langue qui ne s’est pas éteinte mais transformée, mot après mot, dans le quotidien des habitants de Haute-Loire.

© Source : Claudine Fréchet et Jean-Baptiste Martin, linguistes ; baron de Vinols, Vocabulaires patois vellavien-français, 1891 (domaine public) ; ICI France Bleu Haute-Loire — mai 2026

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Je suis Stéphane, fondateur d'Yssi, média local altiligérien lancé en 2025. Passionné par la Haute-Loire, son histoire et ses habitants, je couvre l'actualité locale avec un regard direct et sans filtre. À la tête de l'agence web Oneshot Créations à Yssingeaux, je conjugue au quotidien création numérique et ancrage territorial. Yssi, c'est mon média, ma région, ma façon de parler aux gens d'ici.

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