En Haute-Loire, les pharmacies ne sont pas seulement des lieux de délivrance de médicaments. Ce sont des points de conseil, de proximité, souvent essentiels dans les villages où l’accès aux soins est compliqué. Mais ce samedi 16 août, beaucoup d’entre elles fermeront leurs portes pour une mobilisation nationale.
Une action symbolique, mais forte. Elle répond à un arrêté gouvernemental publié début août, qui change profondément le modèle économique des officines.
Une réforme qui change la donne
À partir du 1er septembre 2025, les remises commerciales que les laboratoires accordent aux pharmacies sur les génériques et biosimilaires seront drastiquement réduites.
Elles passent de jusqu’à 50 % à 30 % pour les génériques et 15 % pour les biosimilaires. Une baisse qui représente, pour certaines petites pharmacies, une perte équivalente à un salaire annuel.
Cette mesure s’ajoute au déremboursement de 171 spécialités à 15 % en 2026, déjà annoncé par le gouvernement que nous vous avions expliqué il ya quelques jours.. Un double coup dur pour un réseau déjà fragilisé.
L’impact sur notre territoire

En France, près de 6 000 pharmacies pourraient être menacées à terme, selon les syndicats. En Haute-Loire, département rural, l’impact est particulièrement sensible.
Dans des communes comme Yssingeaux, Le Puy-en-Velay ou Brioude, la pharmacie n’est pas qu’un commerce. C’est un lieu de conseil, de dépistage, de première réponse en cas de crise. Pendant la pandémie, elle a été en première ligne.
Perdre des officines, c’est creuser les déserts médicaux, allonger les trajets, affaiblir la cohésion locale. Pour un habitant de Moudeyres ou de Saint-Paulien, un renouvellement de traitement peut devenir une course.
Une mobilisation encadrée
La fermeture du 16 août est soutenue par les syndicats, dont l’USPO. Elle vise à alerter sans perturber. Les pharmacies de garde resteront ouvertes pour les urgences. Les patients sont invités à anticiper leurs besoins.
Il ne s’agit pas d’abandonner le service, mais de dire : “Notre modèle est en danger”.
Vers une santé de proximité résiliente
Cette journée n’est pas qu’une protestation. C’est un appel à préserver un maillage territorial fragile mais vital. En Haute-Loire, où l’économie locale repose sur des structures familiales, chaque officine compte.
Elle crée de l’emploi, anime le bourg, maintient un lien humain. Et dans un monde de plus en plus numérique, ce lien-là n’a pas de prix.
Les discussions se poursuivent au niveau national. En attendant, les pharmaciens espèrent que cette mobilisation sera entendue. Parce qu’ici, la santé, c’est aussi une affaire de territoire.



























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