...
Accueil » Pharos : comment fonctionne la plateforme qui traque les contenus illicites

Pharos : comment fonctionne la plateforme qui traque les contenus illicites

Pharos : comment fonctionne la plateforme qui traque les contenus illicites
Capture site internet
Vous aimeriez vous aussi avoir votre article local ? Contactez-nous !

En France, Internet n’est pas une zone de non-droit. Depuis 2009, la plateforme Pharos (Plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements) lutte activement contre les contenus illicites. Basée à Nanterre, au sein de l’Office anti-cybercriminalité, elle a traité 220 000 signalements d’internautes en 2024 (Police Nationale, 2025).

Un dispositif accessible à tous

La force de Pharos réside dans son accessibilité. “Tout le monde peut faire un signalement, quel que soit son âge”, rappelle la commissaire Alice Koiran, responsable de la plateforme. Le signalement peut être anonyme ou accompagné de coordonnées pour faciliter le travail des enquêteurs.

Le principe est simple : face à un contenu choquant ou suspect, il ne faut pas partager mais signaler. En un clic, chacun peut ainsi contribuer à protéger les plus vulnérables, notamment les mineurs.

Un travail de l’ombre assuré par 50 agents

Une cinquantaine de policiers et gendarmes se relaient 24h/24 et 7j/7. L’ambiance est studieuse dans cet open space où chaque agent, derrière un double écran, examine les signalements un à un.

Depuis l’assassinat de Samuel Paty en 2020, les effectifs ont doublé (Europe 1, 2025). Trois pôles structurent l’activité : une cellule généraliste, une cellule spécialisée dans la haine en ligne, et un pôle judiciaire chargé de recouper les preuves et d’alerter les brigades locales.

Des critères stricts : seulement les infractions à la loi

Pharos n’est pas un organe de censure. Les agents ne retiennent que ce qui constitue une infraction au code pénal. Cela inclut la pédopornographie, l’apologie du terrorisme, la traite des êtres humains, ou encore la maltraitance animale.

“Un contenu qui pose seulement une question morale n’entre pas dans notre champ d’action”, précise Pierre, policier en poste sur la plateforme. Les signalements relatifs aux escroqueries, eux, sont transférés vers une autre cellule dédiée : Thésée.

Une charge émotionnelle forte

Les contenus visionnés par les enquêteurs sont parfois insoutenables. Pour éviter l’isolement, les échanges entre collègues et le soutien psychologique interne sont essentiels. “Si un agent est affecté, il peut immédiatement contacter une psychologue”, confie Pierre.

Quand les auteurs contournent les algorithmes

Les technologies d’analyse automatisée ne suffisent pas. Les auteurs utilisent des ruses pour tromper les filtres : mots codés, détournement d’emojis, références culturelles. Par exemple, l’emoji “pizza” peut servir à désigner des enfants dans des échanges pédophiles (Service-Public.fr, 2025).

C’est pourquoi l’expertise humaine reste au cœur du processus.

Du signalement à l’action judiciaire

Lorsqu’une infraction est confirmée, Pharos prévient immédiatement la gendarmerie ou le commissariat local. L’objectif est clair : “figer les preuves et agir vite”, explique la commissaire Koiran. Dans certains cas, l’intervention peut être quasi immédiate.

En parallèle, la plateforme demande aux hébergeurs de retirer les contenus. En cas de refus, des mesures de blocage ou de déréférencement sont mises en place pour éviter leur diffusion virale.

Un réflexe citoyen à adopter

Face à un contenu illégal, un geste simple peut faire la différence : ne pas relayer, mais signaler à Pharos. Cette démarche, accessible à tous, participe à un Internet plus sûr pour les jeunes et les adultes.

Pharos n’endigue pas seule la totalité des dérives en ligne, mais elle reste l’un des remparts essentiels face à la cybercriminalité.


Sources :

bannière rb

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire

Mettez votre activité en lumière

reprotage video yssi

Votre site Pro dès 299 HT !!!

Site Web