Dans le massif du Meygal, à la frontière entre la Haute-Loire et le pays du Velay oriental, un sommet de 1388 mètres domine un paysage que peu de régions en Europe peuvent revendiquer. Le Pic du Lizieux, sur la commune d’Araules, n’a rien d’une montagne ordinaire. C’est un volcan, et un volcan d’un genre particulier, qui a façonné toute l’identité géologique du secteur.
Un volcan pas comme les autres
Le Lizieux s’est formé il y a environ 12,7 millions d’années, à partir d’une lave si visqueuse qu’elle n’a pas pu s’étaler comme une coulée classique. Au lieu de ça, elle s’est figée presque sur place, en se solidifiant verticalement, donnant naissance à ce qu’on appelle un dôme phonolitique. C’est exactement le même mécanisme qui a créé l’ensemble des “sucs” qui parsèment le Velay, ces pitons rocheux qui donnent au paysage local sa silhouette si reconnaissable. Le Lizieux fait partie des plus hauts et des plus emblématiques de cette famille de volcans sans cratère, dépourvus de végétation à leur sommet, ce qui les rend visibles de très loin sur le plateau.
La pierre qui chante
La roche qui compose le sommet, la phonolite, porte un nom local plus poétique : la lauze. Et elle a une particularité qui surprend à chaque fois ceux qui la découvrent. Frappée avec un autre caillou ou un simple bâton, elle résonne presque comme une cloche, avec un son clair et net qu’on n’attend pas d’une pierre. Cette propriété acoustique n’est pas qu’une curiosité de randonneur : pendant des générations, la lauze a aussi servi à couvrir les toits des maisons du Velay, débitée en fines plaques, à la fois solide et capable de résister aux hivers rudes du plateau.
Le panorama depuis la table d’orientation
Au sommet du Lizieux, une table d’orientation a été installée le 12 juillet 1970. Elle reste aujourd’hui le point de repère pour qui veut comprendre d’un seul coup d’œil la géographie du secteur. De là, le regard porte sur le plateau du Mézenc, sur une large partie du Pays des Sucs, sur le massif voisin du Meygal, et, les jours de ciel parfaitement dégagé, jusqu’aux Alpes, avec le Mont Blanc qui se dessine au loin. Par très beau temps, certains randonneurs racontent même apercevoir les monts du Forez dans une autre direction. C’est rare en Haute-Loire d’avoir un panorama aussi complet pour un dénivelé aussi raisonnable.
Comment y aller, et qui fréquente le Lizieux
Le sommet se rejoint facilement depuis les villages d’Araules ou de Mazet-Saint-Voy, par plusieurs sentiers balisés, dont le PR 513 qui relie le Lizieux au Meygal, ou le PR 059 dit “les deux sucs”. La montée reste accessible à toute la famille, avec quelques passages rocheux où il faut parfois mettre les mains, sans difficulté technique réelle. Comptez une à deux heures de marche selon le point de départ choisi.
L’hiver, le Lizieux change complètement de visage. Un foyer de ski de fond s’installe à son pied, et la ferme du Besset propose la location de matériel pour explorer les pistes autour du massif. Plus surprenant encore, la même ferme propose aussi, en été comme en hiver, des balades en chiens de traîneau, une activité aussi insolite que rare à cette altitude en Haute-Loire.
Pour qui veut creuser le sujet plus en profondeur, l’ouvrage “La Haute-Loire, richesses géologiques”, publié par le Groupe Géologique de la Haute-Loire, détaille l’ensemble de ce patrimoine volcanique régional, du Lizieux jusqu’au Mézenc.
Entre sa formation géologique unique, sa pierre qui chante et son panorama à 360 degrés, le Pic du Lizieux résume à lui seul ce qui rend le Pays des Sucs si particulier. Un volcan sans cratère, une roche qui parle presque, et une vue qui s’étend jusqu’aux Alpes par beau temps. De quoi donner une bonne raison de chausser les chaussures de marche ce week-end.

























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