Un village de 72 habitants et une falaise de 92 mètres
Prades. Trente-deux kilomètres au sud-ouest du Puy-en-Velay, le long de la D48 qui longe l’Allier. Soixante-douze habitants. Quelques maisons au bord de la rivière, une plage, un pont. À première vue, rien qui retienne. Et puis le regard monte.
La Roche Servière s’élève à 92 mètres au-dessus des eaux. Une falaise de basalte sombre, verticale, colonnes hexagonales parfaitement régulières serrées les unes contre les autres comme des tuyaux d’orgues. C’est exactement ce qu’elles sont : des orgues basaltiques, formées quand la lave se refroidit lentement en profondeur, se fractionnant en prismes à section hexagonale qui se positionnent perpendiculairement à la surface de refroidissement.
Quatre coulées, un seul rocher
Ce que l’on voit depuis la plage, c’est le résultat de quatre coulées de lave successives. L’une d’elles, en se refroidissant, a formé un renflement en surplomb qui donne à la roche sa silhouette reconnaissable entre toutes. La Roche Servière est l’un des affleurements basaltiques les plus réguliers et les plus spectaculaires de la région, dans un territoire qui n’en manque pourtant pas.
Prades se trouve exactement à la frontière entre deux domaines géologiques distincts : le massif basaltique du Devès à l’est, et le massif granitique de la Margeride à l’ouest. L’Allier trace ici la limite entre deux mondes. La Roche Servière appartient au premier.
Une table d’interprétation installée sur la plage explique la mise en place de ce rocher. Elle est accessible toute l’année, depuis la D48, en rive droite de l’Allier. Entrée libre.
Le GR470 passe là
Les randonneurs qui empruntent le GR470, le sentier des gorges de l’Allier, longent la Roche Servière. L’itinéraire relie Langogne à Brioude en suivant la rivière sur plus de 180 km. À hauteur de Prades, le chemin descend vers la plage, face à la falaise. C’est l’un des points forts du tracé.
Une boucle locale de randonnée part de la plage, monte dans les sous-bois de la côte de Saugues vers le plateau de Charraix, puis redescend sur le village. Quelques heures de marche, du dénivelé, et des points de vue sur les gorges depuis les hauteurs.
L’église Saint-André et ses peintures murales oubliées
Le village lui-même mérite qu’on s’y arrête. L’église Saint-André était à l’origine une dépendance du prieuré clunisien de Lavoûte-sur-Loire. À l’intérieur, des peintures murales qui couvrent plusieurs siècles : les plus anciennes datent du XIIIe siècle, les plus récentes du XIXe. Restaurées en 1983. Un Christ en majesté entouré d’anges au-dessus de l’autel, la ville de Jérusalem peinte dans la nef. Des fresques discrètes, peu connues, dans une église de campagne que personne ne signale.
C’est souvent ainsi en Haute-Loire. Les trésors n’annoncent pas leur présence.
Source : My Haute-Loire / Haute-Loire Attractivité

























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