Au cœur d’Yssingeaux, la gare est aujourd’hui un lieu calme, mais son passé résonne encore dans les mémoires. Raymond, 88 ans, natif du Velay, se souvient de La Galoche, ce petit train à vapeur qui reliait Lavoûte-sur-Loire à Raucoules via Yssingeaux de 1890 à 1952. “Son sifflet, c’était le pouls du 43”, confie-t-il, les yeux brillants. YSSI.fr vous plonge dans l’histoire de ce train mythique, qui a marqué la Haute-Loire. Partagez vos souvenirs via notre formulaire.
La Galoche, cœur battant du Velay
Mise en service le 9 novembre 1890 entre Lavoûte-sur-Loire et Yssingeaux, puis prolongée jusqu’à Raucoules-Brossettes en 1902, La Galoche était une ligne des Chemins de fer départementaux (CFD). Surnommée ainsi pour sa lenteur (18-20 km/h), elle grimpait les pentes sinueuses du Velay avec ses locomotives à vapeur. “On l’entendait souffler de loin, comme un vieux cheval”, sourit Raymond. La gare d’Yssingeaux était un carrefour vivant : commerçants, étudiants, et familles s’y croisaient, reliant au Puy-en-Velay ou Saint-Étienne via la ligne PLM à Lavoûte.
Un train au service des campagnes
La Galoche transportait bien plus que des voyageurs. Denrées, courrier, journaux, et même animaux voyageaient dans ses wagons. “Les bouchers faisaient venir leurs bêtes depuis Rosières ou Retournac”, se rappelle Raymond. La ligne, passant par Grazac et Dunières, désenclavait les villages du 43. “Pour aller au marché du Puy-en-Velay, c’était le train ou rien”, ajoute-t-il. À son apogée, elle transportait jusqu’à un million de personnes par an, un lien vital pour la Haute-Loire rurale.
Le drame de Chavalamard, une blessure dans l’histoire
Le 26 juin 1944, La Galoche est marquée par un drame tragique. Un train surchargé, transportant environ 450 personnes venues de Saint-Étienne pour se ravitailler, déraille avant le viaduc de Chavalamard à Saint-Julien-du-Pinet. Des wagons, ajoutés à Yssingeaux sans freins raccordés, s’emballent dans la descente après Bessamorel. Le bilan est lourd : 12 morts, dont un nourrisson, et 60 blessés. “À Yssingeaux, les obsèques ont rassemblé une foule immense”, murmure Raymond. Ce jour reste le pire accident ferroviaire du 43.
La fin d’une époque et un héritage vivant
Dans les années 1960, l’essor de l’automobile signe l’arrêt de La Galoche. Le trafic voyageurs s’éteint, les gares ferment, et certaines voies sont démantelées. “Quand le dernier train est parti, ça a laissé un vide dans Yssingeaux”, soupire Raymond. Aujourd’hui, la gare, transformée en maison d’habitation, conserve son cachet d’antan. Des tronçons de la ligne sont devenus des sentiers ou des vélorails, comme à Raucoules-Brossettes, où le Velay Express ravive la mémoire du train.
Un passé à partager
Les souvenirs de Raymond rappellent l’importance de La Galoche pour le Velay. “Je revois les porteurs, les sacs de charbon, la fumée au loin”, dit-il. Ce patrimoine, ancré au cœur d’Yssingeaux, mérite d’être raconté. Vous avez des anecdotes sur La Galoche ou la gare ? Partagez-les via notre formulaire. YSSI.fr célèbre ces histoires qui font vivre le 43, du Puy-en-Velay à Monistrol.
Raymond et La Galoche : une page d’histoire de la Haute-Loire.


























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