Sexothérapeute. Le mot intrigue, parfois interroge, souvent reste flou. C’est un métier dont on parle peu, et pourtant de plus en plus présent, y compris en Haute-Loire. On avait envie d’y voir plus clair, alors on est allé poser nos questions à Eva Martins, qui exerce sur le territoire.
En quoi consiste le métier de sexothérapeute ?
Le rôle du sexothérapeute est d’accompagner les personnes et les couples qui rencontrent des difficultés dans leur vie affective, relationnelle ou sexuelle. L’accompagnement repose sur l’écoute, les échanges et des outils adaptés aux besoins de chacun, dans un cadre bienveillant et sans jugement.
La différence avec un psychologue est que le sexothérapeute est spécialisé dans les problématiques liées à la vie affective et sexuelle. Le sexothérapeute peut aussi travailler en complémentarité avec d’autres professionnels lorsque cela est nécessaire.
Le sexologue, lui, est généralement un médecin, ou parfois un psychologue ayant suivi une formation spécifique en sexologie. Selon sa profession d’origine, il peut assurer un suivi psychologique ou, lorsqu’il est médecin, réaliser un examen clinique, poser un diagnostic médical et prescrire un traitement si nécessaire.
Le parcours d’Eva Martins
“Après plusieurs années à animer des réunions autour de la sexualité et du bien-être intime, j’ai eu envie d’aller plus loin,” raconte Eva Martins. “Au fil des échanges, je me suis rendu compte que les personnes avaient souvent besoin d’un véritable espace d’écoute et d’accompagnement.”
Elle choisit alors de se former en sexothérapie auprès d’un médecin sexologue pour acquérir les compétences nécessaires à l’exercice du métier. Aujourd’hui, elle accompagne les personnes et les couples avec une approche centrée sur l’écoute, la bienveillance et le respect du rythme de chacun.
Qui consulte, et pour quels motifs ?
Les motifs de consultation sont très variés : baisse du désir, douleurs pendant les rapports, troubles de l’érection, éjaculation précoce, vaginisme, difficultés de communication dans le couple, manque de confiance en soi, ou encore répercussions d’un vécu difficile ou d’un événement traumatique sur la vie intime.
Tout le monde peut consulter : personnes seules, couples, hommes, femmes, jeunes adultes comme personnes plus âgées. Il n’y a pas de profil type. Dès qu’une difficulté affective, relationnelle ou sexuelle impacte le bien-être ou la qualité de vie, la consultation est possible.
Un tabou encore présent en milieu rural
Le sujet reste parfois délicat à aborder, notamment en milieu rural où certaines personnes craignent encore le regard des autres ou hésitent à parler de leur intimité. Beaucoup attendent plusieurs années avant d’oser consulter.
Les mentalités évoluent cependant progressivement. Les campagnes de sensibilisation, les réseaux sociaux et les échanges autour de la santé sexuelle contribuent à faire évoluer les choses.
Comment se déroule une première séance ?
Pas besoin d’attendre que la situation devienne très difficile pour consulter. Dès qu’une problématique affective, relationnelle ou sexuelle entraîne une souffrance, un mal-être ou des tensions dans le couple, il peut être bénéfique d’en parler. Consulter tôt permet souvent de mieux comprendre la situation et d’éviter que les difficultés ne s’installent.
La première séance est avant tout un temps d’échange : faire connaissance, comprendre la demande, l’histoire de la personne ou du couple et les difficultés rencontrées. Les objectifs de l’accompagnement se définissent ensemble. Il n’y a jamais d’examen physique, et chacun s’exprime à son rythme, dans un cadre confidentiel, bienveillant et sans jugement.
Les préjugés à déconstruire
“Le premier préjugé est de penser qu’il y aura un contact physique, des massages ou des actes sexuels pendant une consultation,” précise Eva Martins. “C’est totalement faux. Une séance de sexothérapie repose uniquement sur la parole, l’écoute et un accompagnement thérapeutique adapté à la situation de chaque personne ou de chaque couple.”
Autre frein fréquent : penser qu’il faut être “malade” ou avoir un “grave problème” pour consulter. En réalité, on consulte simplement parce qu’une difficulté affective, relationnelle ou sexuelle fait souffrir ou impacte le quotidien. Demander de l’aide est une démarche de mieux-être, pas un aveu de faiblesse.
La sexualité fait partie intégrante de la santé et de la qualité de vie. Pourtant, c’est encore un sujet dont on ose difficilement parler. Le rôle d’Eva Martins est justement d’offrir un espace où chacun peut s’exprimer librement, sans honte ni jugement.

























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