“Yolocharging” : l’habitude risquée des propriétaires de voitures électriques
Face au manque de bornes de recharge publiques ou à l’impossibilité d’installer une borne privée (notamment en copropriété), de nombreux conducteurs de voitures électriques ont recours à une pratique que l’on nomme le “yolocharging”. Ce terme, dérivé de l’anglais “you only live once” (on ne vit qu’une fois), désigne l’acte de recharger son véhicule garé sur la voie publique à l’aide d’une rallonge électrique tirée directement depuis une prise de son domicile ou d’un immeuble.
Si la démarche part d’une contrainte, une récente enquête d’Auto Plus met en lumière les risques légaux et financiers que cette méthode représente pour l’automobiliste.
Une pratique interdite pour plusieurs motifs
Bien qu’il n’existe pas de loi interdisant explicitement le branchement d’un véhicule électrique de cette manière, cette pratique se heurte directement à plusieurs règles fondamentales du droit français, et notamment au Code de la voirie routière :
- Occupation du domaine public : Laisser un câble ou une rallonge électrique traîner sur un trottoir ou une chaussée constitue une occupation illicite du domaine public. Toute occupation de cet espace est normalement soumise à une autorisation des autorités locales et au paiement d’une redevance.
- Entrave à la circulation et à la sécurité : Le câble est considéré comme un obstacle. Il peut gêner la libre circulation des piétons, des personnes à mobilité réduite ou des cyclistes, et représente un risque majeur de chute.
Jusqu’à 1 500 € d’amende
L’infraction la plus grave retenue contre le “yolocharging” est l’atteinte au domaine public, selon l’article R*116-2 du Code de la voirie routière. Le contrevenant s’expose à une contravention de la cinquième classe, sanctionnée par un Tribunal de police. Le montant de cette amende peut atteindre :
Maximum légal : 1 500 €.
Ce montant est porté à 3 000 € en cas de récidive. En plus de cette sanction, le conducteur peut également être verbalisé pour entrave à la libre circulation (amende forfaitaire de 135 €) ou, dans les cas les plus graves, pour mise en danger de la vie d’autrui.
En conclusion, face à l’essor des véhicules électriques, il est impératif pour les automobilistes de privilégier les bornes de recharge publiques homologuées ou les installations privées conformes afin d’éviter ces lourdes sanctions.


























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